Peut-on être sportif ET fêtard ?

Peut-on être sportif ET fêtard ?

Voici une question existentielle complexe qui mérite d’être traitée le plus sérieusement du monde. Pouvez-vous jongler sans souci entre paire de baskets et chemises/robes de soirées ? Vous êtes nombreux à vous sentir déchirés entre ces deux mondes, mais avez-vous la moindre idée de leur compatibilité ? Finis les complexes et adieu à la culpabilité, nous allons mettre les choses au clair dès maintenant et élucider cette sulfureuse énigme.

INTRODUCTION

Cette interrogation est assez répandue, vous avez forcément déjà entendu les phrases suivantes : « Je fais trop la fête, il faut vraiment que je me mette au sport » ou encore, « non désolé, je ne suis pas dispo ce soir, j’ai une course demain matin ».

Toujours et encore cette opposition, cette dualité entre le sport et la fête, entre l’hygiène de vie drastique et la débauche. Mais pourquoi tant de douleurs, tant de regrets, tant de souffrance ?

Vous êtes un(e) super sportif(ve) et pour vous « dimanche matin » rime avec « footing », mais vous considérez que vous ne vous amusez pas assez et que vous passez à côté de plein de choses

A l’inverse, vous êtes un(e) gros(se) fêtard(e) et pour vous « dimanche matin » rime avec « nausées », vous en avez assez de tousser, d’avoir des valises sous les yeux et de voir votre corps se ramollir de jour en jour ?

Peu importe votre position, vous êtes sans doute un peu dans l’excès et il paraît que les excès ne sont pas bons. Etes-vous complètement épanoui(e) dans votre vie sociale ? Vous sentez-vous bien dans votre corps ? Les enjeux d’une bonne gestion entre sport et fête sont nombreux et relèvent parfois d’une importance de taille.

Voyons ensemble comment faire rimer « dimanche matin » avec « se sentir bien dans sa peau ».

QUE SIGNIFIE « ÊTRE SPORTIF » ?

Mettons-nous d’accord sur la signification des termes utilisés. Je pense que pour le terme « fêtard », il n’y a nul besoin de précision. En revanche que signifie cette houleuse notion : « être sportif » ?

Tout d’abord, « être sportif » implique que vous pratiquiez une activité physique, disons au moins deux fois par semaine. On ne peut pas dire d’une personne qui s’adonne à son petit cours d’abdo/fessiers une fois par semaine qu’elle soit vraiment « sportive ».

Mais faire du sport ne suffit pas pour se définir comme quelqu’un de « sportif ». Le sportif a une certaine conception de la vie orientée vers le bien-être par la santé et le corps. Le sportif a donc une certaine hygiène de vie, il fait attention à ce qu’il mange (ou alors il culpabilise quand il fait des trop gros écarts), il est sensible à son apparence physique et il s’intéresse de près ou de loin à certaines actualités sportives.

Si vous collez à ce profil type, alors vous êtes une personne « sportive ». Mais quand on relit cette définition, on constate la présence de certains mots qui font un peu peur : « santé », « bien-être », « apparence physique », « alimentation »… Je sais, ça fait froid dans le dos, mais n’ayez crainte, à la fin de cet article, vous vous sentirez mieux et moins oppressés.

En opposant ces termes à ceux qui correspondent à votre état du dimanche matin : « fatigue », « gueule de bois », « épuisement », « compte en banque ruiné « (ces notions-là nous sont bien plus sympathiques, étrange), on rentre dans un processus classique : culpabilité, regret, découragement.

Mais alors comment faire pour marier ces deux univers sans se créer de névroses ?

FÊTE ET SPORT SONT-ILS COMPATIBLES ?

Pour régler ce problème, il faut tout d’abord arrêter définitivement de mettre en opposition ces deux notions et de se stigmatiser dans une catégorie, en réalité « sport » et « fête » sont indissociables. Cette dualité n’a donc pas lieu d’être.

C’est d’ailleurs le fond de commerce d’une entreprise française mondialement connue : le Club Med. En effet, ce club de vacances s’est construit dans les années 1950 sur une conception commerciale simple : associer sport et fête pour des vacances à la fois « folles » et ressourçantes. Et ça marche parfaitement bien, cela a même fait un carton ! Aujourd’hui le Club Med est présent dans monde entier.

Pourquoi le Club Med a misé sur cette alliance à haut risque ? Tout simplement parce que le sport et la fête ont les mêmes visées : le plaisir, le partage, la convivialité et la jouissance corporelle (voir mon article sur la kinesthésie).

Faire la fête et faire du sport ne sont pas deux choses contradictoires, au contraire, dans les deux cas on cherche à s’exprimer, à partager, à se sentir bien.

La stigmatisation de ces deux manières de concevoir la jouissance du corps est typique de notre pays. En France, on est soit sportif (musclé, beauf, inculte) ou soit fêtard (bohème, mondain, intellectuel), mais il y a de nombreux endroits dans le monde où cette dualité n’existe pas, où le sport n’est pas à l’écart de la vie sociale.

Combien de fois m’a-t-on interpelé en soirée : « Tu es Coach sportif et tu fais la fête, c’est possible ?! » sous-entendu « Tu es un faux coach sportif puisque tu es là à boire du champagne, ne devrais-tu pas plutôt être au lit avec un biberon protéiné ? »

COMMENT FAIRE POUR ÊTRE SPORTIF ET FÊTARD ?

Maintenant qu’on a vu qu’il n’était pas nécessaire de se torturer l’esprit avec des troubles de l’identité et qu’on pouvait, sans rougir, prétendre être à la fois sportif et fêtard, voyons comment gérer cela, d’un point de vue pratique.

Ne vous excitez pas trop et reposez cette bouteille de champagne, la suite va vous enlever quelques bulles de la tête.

Vous vous doutez bien que notre affaire n’est pas si simple et que cela ne se résume pas uniquement à un positionnement social. Il y a « fête » et « fête » et un sportif ne fait pas la fête comme un non sportif.

Pour reprendre l’exemple du Club Med, l’organisation des villages est basée sur un planning précis : 19h apéro, 20h dîner, 22h spectacle, 23h dancing au night club et 2h dodo !

Cette soirée type, qui a lieu tous les soirs, offre à la fois la possibilité de passer un bon moment festif et convivial mais aussi la possibilité de pouvoir faire du sport le lendemain, dans la mesure ou la fête se termine relativement tôt.

Le sportif, pour continuer à être « sportif », peut tout à fait faire la fête mais il doit adapter sa manière de la faire.

Ce n’est donc absolument pas « open bar » les amis. En tant que sportif, vous devez faire certaines concessions, sous peine de ne plus respecter votre conception et hygiène de vie. Ce sont vos principes qui doivent influencer et dicter vos choix, pas vos pulsions intempestives.

Les inconvénients et risques de la fête pour le sportif :

  • fatigue, manque de sommeil
  • mauvaise alimentation, prise de poids
  • déshydratation, crampes (liées à la consommation d’alcool)
  • risques de blessure (liés à la fatigue)
  • perte de motivation, lassitude
  • baisse des performances
  • stress, surmenage

Cette liste non exhaustive nous montre les risques importants qu’une fête mal maîtrisée peut avoir sur la vie d’un sportif.

Si elle n’est pas contrôlée et planifiée, la fête peut s’avérer très dangereuse pour un sportif.

Il faut naturellement adapter sa manière de faire la fête à son mode de vie, en respectant un principe simple mais trop souvent bafoué : la cohérence.

Voici un plan de route pour éviter certains pièges et faire la fête en « mode sportif » :

  • Ne sortez pas (boite de nuit + alcool) plus de deux fois par semaine
  • Respectez vos heures de sommeil, dormez toujours au minimum 7 heures par nuit
  • Ne vous couchez pas après 4 heures
  • Ne sortez pas la veille d’un jour de travail
  • Contrôlez votre consommation d’alcool en soirée
  • Ne buvez pas d’alcool si un entraînement est prévu le lendemain
  • Ne buvez jamais au point de vous rendre malade
  • Ne mélangez pas les alcools
  • Conservez, même dans les soirées festives, votre diète alimentaire
  • Ne grignotez pas, ne consommez pas de sodas
  • Ne fumez pas (ou très peu)
  • Ne prenez pas de drogues

Ce plan de route est donné à titre indicatif, il vous permet d’avoir une base et une idée de ce que peut être la fête pour un sportif. Vous devez créer vous-même vos propres règles en fonction de votre rythme de vie, de vos capacités de récupération et de votre vie sportive, tout en restant le plus cohérent possible entre vos principes et vos agissements.

Pour résumer, les principaux enjeux du sportif dans sa gestion de la fête sont :

  • d’éviter la fatigue
  • de conserver une rigueur alimentaire
  • de ne pas altérer sa récupération et sa forme physique

FÊTE ET SPORT DE HAUT NIVEAU

Comment ne pas aborder, au cours de notre réflexion, le rapport si particulier qu’ont les sportifs de haut niveau avec la fête. On peut affirmer que la fête fait partie intégrante du sport de haut niveau, culturellement parlant.

Que font les équipes après un match pour célébrer une victoire ? Que fait un athlète à son retour des Jeux Olympiques, médaille d’or autour du cou ? Que faites-vous pendant et après une finale de Coupe du Monde, quand votre équipe favorite gagne ? Que font les supporters dans les stades ? Une seule réponse : la fête. Vous pensez encore que fête et sport ne font pas bon ménage ?

La fête permet au sport de niveau d’être célébré. On dit souvent d’une grande compétition qu’elle est une grande fête.

Les athlètes d’élite affectionnent particulièrement la fête car elle leur permet de lâcher prise, de s’évader, d’oublier la pression, les sacrifices et le stress de leur quotidien. La fête est vitale pour beaucoup d’athlètes et leur offre la possibilité de « souffler ». On s’étonne souvent de voir les champions en boite de nuit, on les dénigre en leur donnant alors la casquette de fêtards irresponsables, mais il n’y a en fait rien d’étonnant là-dedans.

Pour avoir côtoyé le monde du sport de haut niveau, je peux vous dire que les plus grands champions que j’ai rencontrés étaient tous des fêtards !

Attention, faire la fête quand on est athlète de haut niveau est encore plus contraignant et la liste des règles à respecter qu’on pourrait établir serait bien plus stricte que celle exposée un peu plus haut.

Cependant, il y certains sports qui sont tellement exigeants d’un point de vue physiologique (on parle de « sports énergétiques » comme le cyclisme, le marathon, l’aviron…) qu’ils ne permettent pas aux athlètes de faire le moindre écart. Dans ce type de sport, on trouve plus facilement des cas de dopage, de dépression et de personnalités introverties. La faute à un manque de fête peut-être ?

CONCLUSION

Nous avons vu qu’il était possible d’être à la fois sportif et fêtard mais dans une certaine mesure ; une mesure qui prend en compte vos aspirations personnelles, votre santé, votre épanouissement social et qui vous permet d’agir en parfaite cohérence avec vos principes.

« Sois celui que tu dois être. Si quelqu’un te dit que c’est facile, il ment. »
disait Nietzsche, certainement en tortillant sa longue moustache.

Effectivement, il n’est pas toujours facile d’agir en accord avec ses principes et la gestion de la fête s’avère être un terrain idéal mais aussi très accidenté pour mettre à l’épreuve sa personnalité.

Depuis la nuit des temps, l’Homme a toujours eu ce besoin de s’évader, de s’oublier, cela est profondément ancré en nous. Renier ce besoin au détriment d’une discipline de fer n’est pas ce qui vous rendra épanoui et d‘un autre côté, vous laissez aller et ne rien contrôler peut aussi vous détruire à petit feu.

Tout est une question de dosage. C’est la dose qui fait le poison, pas le poison lui-même.

Bon c’est décidé, ce week-end je fais la fête ! Mais rassurez-vous, je ne ferai pas de folie et serai dès lundi matin opérationnel sur mon blog pour répondre à toutes vos questions.

Matthieu Verneret



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Je suis coach sportif professionnel, auteur spécialisé dans le fitness, la forme et le bien-être depuis de nombreuses années. Par ailleurs, j'ai été compétiteur de haut niveau en karaté. Sur ce blog, je vous livre tous mes meilleurs conseils pour être au top de votre forme et développer tout votre potentiel.


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